Les joueurs africains doivent choisir
entre leur club et leur pays (SYNTHESE)AVEC BORDEAUX ET SITUATION EL KARKOURI
Par Rémy ZAKA
PARIS, 6 avr (AFP) - Le premier tour des qualifications pour la Coupe du monde
2002 de football ce week-end en Afrique met à nouveau en évidence le manque
d'harmonisation du calendrier international en contraignant les nombreux joueurs africains
opérant en France à choisir entre leur club et leur pays.
Pour l'employeur-payeur, il y a la nécessité de garder des joueurs pour les très
importants matches de la 30e journée du championnat. La qualification européenne ou le
maintien sont parfois en jeu. Mais les pays africains ont tout autant besoin de leurs
nationaux. Ce conflit d'intérêts n'est pas nouveau mais il est exacerbé quand les
rencontres deviennent capitales.
Ce problème s'était déjà posé lors de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en
janvier-février dernier. De nombreuses équipes françaises avaient dû se priver de
leurs joueurs. Au total, ils avaient été 44 (D1 ou divisions inférieures) à rejoindre
la CAN. Certains, comme l'Algérien Ali Benarbia (Paris SG) ou le Congolais Shabani Nonda
(Rennes) avaient cependant privilégié leur club.
Cette fois, la situation la plus complexe se trouve au Paris SG. Les Nigérians Jay-Jay
Okocha et Godwin Okpara qui devaient jouer en Erythrée, ainsi que le Sénégalais Alliou
Cissé, convoqué pour un match au Bénin, refusent de rejoindre leur sélection, à
l'inverse du Marocain Talal El Karkouri qui jouera en Gambie.
Selon le directeur général du club Jean-Luc Lamarche, le PSG ne s'oppose pas aux
départs des joueurs concernés. "Ils ont été convoqués", souligne M.
Lamarche. Mais, Okocha, Okpara et Cissé sont bien décidés à rester en France et ont
demandé, à titre individuel, à être dispensés de sélection.
Arrangement
Le Paris SG attend désormais la réponse des fédérations concernées afin de pouvoir
aligner ses joueurs. Mais les présidents de fédération peuvent contraindre les
récalcitrants à venir en menaçant de faire appliquer les règlements de la Fédération
internationale qui prévoient d'empêcher le joueur d'évoluer avec son club s'il décline
sa sélection.
Les Rennais Shabani Nonda et El Hadji Diouf (Sénégal) ainsi que le Lensois Alex Nyarko
(Lens) ont également refusé de jouer avec leur pays tout comme l'Ivoirien de Marseille
Ibrahima Bakayoko. Mais, pour ce dernier, l'OM a passé un accord avec la fédération de
Côte d'Ivoire.
Les Marseillais devront en revanche se passer de Pierre Issa qui a rejoint l'Afrique du
Sud et de Seydou Keita qui défendra les couleurs du Mali.
Un autre Ivoirien, le Stéphanois Tchiressoua Guel, jouera au Rwanda. Mais c'est sans
incidence pour le club car il était suspendu en championnat.
Dans leur course pour une qualification européenne, les Sedanais qui accueillent Bordeaux
devront se passer des services de l'Algérien Billel Dziri qui doit jouer au Cap Vert.
Leur adversaire sera, lui, privé du Guinéen Pascal Feidouno, mais pourra compter sur
l'Ivoirien Lassina Diabaté.
A Troyes qui reçoit Montpellier avec l'objectif de sauver sa place en D1, manqueront à
l'appel l'Algérien Farid Ghazi ainsi que les Maliens Sekou Berthé et Samba Diawara qui
joueront en Libye.
Strasbourg devra se passer du Sénégalais Malick Diop en voyage au Bénin et du Malien
Lamadou Bagayoko.
Les joueurs camerounais opérant en France devraient, cette fois, échappé au dilemme, le
match de leur sélection contre la Somalie ayant semble-t-il été reporté.