| Comment êtes-vous arrivé au football ? |
| Comme
tous les jeunes africains, ensuite j'ai été repéré par un dirigeant d'un club de D2. |
| Vous avez pourtant beaucoup voyagé à travers le continent africain... |
| La
première des causes était strictement dûe à la situation politique au Burundi, le pays
était en guerre donc, il fallait qu'on s'installe quelque part. Moi je suis parti en
Tanzanie au Young Africans, mes parents sont partis à l'ex-Zaïre, puisqu'ils y sont
originaires. |
| C'est votre désir de jouer au plus haut niveau qui vous a poussé à vous séparer de votre famille ? |
| En réalité, le niveau du football était moyen en Tanzanie. Il me
fallait évoluer dans un championnat un peu élevé ou je pouvais gagner un peu d'argent.
Il y a eu la proposition du club sud-africain de Vaal Professionals, je ne pouvais pas
refuser. |
| Vous mettez le cap ensuite pour la Suisse, au F.C. Zurich, et là c'est le début d'une grande aventure ? |
| La
première année a été moyenne avec 9 buts si je m'en souviens, et la deuxième année
j'ai explosé. |
| Pourquoi avoir choisi la France alors que des clubs du Calcio vous sollicitaient ? |
| J'avais dès le départ un faible pour la France, lorsque je vivais encore
au Burundi. Je suivais le championnat français et je me disais toujours, pourquoi pas
évoluer un jour dans ce championnat. Puisque j'avais le choix entre la France, l'Italie
et l'Allemagne, c'est tout naturellement que j'ai choisi la France. Pour moi c'était un
championnat pas assez dur qui pouvait me servir de tremplin avant d'aller au Calcio. Sinon
ce serait brûler les étapes. |
| Maintenant que vous y êtes, quel est votre regard sur ce championnat ? |
| Par
rapport au championnat Suisse que j'ai connu, le championnat français est plus technique
et plus rapide. |
| Vous êtes la révélation du championnat, avec 15 buts ? |
| Je peux le dire en ce qui me concerne. C'est également le cas de tous mes
collègues de Rennes. Nous n'étions pas favoris cette saison. Notre classement étonne
tout le monde et personnellement pour une première saison, terminer avec 15 buts c'est
bien. |
| Vous entrez également dans la légende africaine du stade rennais après de talentueux joueurs à l'instar de l'ivoirien Laurent Pokou, du malien Fantamadi Keita et enfin du camerounais François Omam Biyik, qu'en pensez-vous ? |
| C'est
vrai que les supporters me parlent toujours de l'histoire du club et me rappellent tout le
temps qu'il y a eu des grands joueurs africains qui sont passés à Rennes. Maintenant
c'est moi. |
| Votre style de jeu ; la puissance, la vitesse alliées à une technique et un sens du but inné, rappel un peu le libérien Georges Weah ? |
| (Sourire) Il paraît, les gens m'en parlent. Mais moi, je ne l'ai jamais
vu jouer sauf à la télévision. les gens disent qu'on a les mêmes qualités.... |
| Cela vous gêne ? |
| Non
pourquoi. Je suis plutôt flatté, car c'est l'un des grands joueurs africains. Si on vous
compare à un grand joueur, cela vous fait plaisir tout de même. |
| Sportivement le Burundi profite-il de votre notoriété, car c'est un pays pas très connu sur le plan du football ? |
| Je ne sais pas trop, c'est possible. Mais je n'ai plus de contact au
Burundi parce que mes parents ne sont plus la-bàs. Ils vivent maintenant en République
Démocratique du Congo. |
| Et l'équipe nationale vous y pensez ? |
| J'y
pense déjà. Vous savez, mes parents sont originaires de l'ex-Zaïre. Je vais jouer avec
la sélection nationale de la République Démocratique du Congo. |
| Les contacts sont déjà établis avec les autorités congolaises ? |
| Oui mais je ne sais pas encore quand je vais faire mes débuts avec les
Simbas. En ce moment, il y a les éliminatoires de la coupe d'Afrique des nations. Mais
peut-être, dès la reprise du championnat français. |
| Pourquoi le Congo et non le Burundi ? |
| C'est
vrai, je suis né au Burundi, mais j'ai de par mes parents des racines congolaises. Ceci
dit, j'ai un faible pour mes racines, pour mon pays le Congo Démocratique en plus, le
côté sportif est également important. |
| Suivez-vous l'évolution du football congolais ? |
| Lorsque je téléphone à la maison, je m'informe également sur la
situation sportive dans le pays. |
| Comment jugez-vous l'évolution du football au Congo ? |
| Il y a eu une période de passage à vide. Mais, ça commence à venir. La
dernière Coupe d'Afrique des Nations au Burkina Faso en est la parfaite illustration. Le
Congo s'est classé troisième, à la surprise générale, personne ne s'y attendait. Sur
le plan national, les clubs sont toujours présents dans les coupes africaines. |
| Votre présence au sein des Simbas, va sûrement être un plus pour la sélection nationale? |
| Il y a déjà de très bon joueurs. Je vais essayer d'apporter le plus
nécessaire. |
| Votre avis sur la situation du football en Afrique ? |
| Je crois que les choses changent. Les écoles de football commencent à
s'installer, ce qui veut dire que les gens commencent à comprendre qu'il faut s'occuper
des jeunes. |
| Le Maroc et l'Afrique du Sud sont candidats à l'organisation de la Coupe du monde 2006, qu'en pensez-vous ? |
| C'est difficile pour moi car je ne connais que l'Afrique du Sud, pour y
avoir joué. Je crois qu'ils ont les moyens d'organiser une Coupe du monde. Par contre, le
Maroc est un pays que je ne connais pas, vous comprendrez qu'il est difficile pour moi
d'apporter un jugement de valeur. Mais l'Afrique est prête pour organiser une Coupe du
monde. |
| Les propositions doivent être nombreuses, après une aussi belle saison, que ferez vous la saison prochaine ? |
| C'est vrai j'avais beaucoup de propositions, surtout à la phase aller du
championnat. Mais comme j'ai déclaré publiquement que je souhaitais rester encore à
Rennes une saison de plus, tout s'est calmé. |
Propos recueillis par Albert Massimb octobre 99 Pour Africa Foot |